La vie à Bishop

Juin 2010 :


Revenu à l'essence même de l'escalade tel que nous la connaissons aujourd'hui : la gestuelle, la beauté du mouvement. Faisons maintenant abstraction de toute logistique et de quasiment tout engagement voir d'exposition, que nous reste t-il ? Le bloc, la force pure, le bourinage sur tous types de préhensions, avec un soupçon, plus ou moins important en fonction des itinéraires, de réflexion pour décrypter les méthodes. Voilà ce qu'il nous faut...

Micro point d'organisation : Les chaussons, on a. La pof, on a. Le crash pad … euh … on a « europe card, master card ». Ne doutant point de nos capacités de pareur, et doutant plus de nos capacités d'économe le plus petit tapis, avec une très bonne densité tout de même, fera notre bonheur.

Bishop Boulder, site internationalement connu, se décompose en plusieurs secteurs, le potentiel est immense.
Buttermilks, granit à gros grains dont les formes et les préhensions, rappellent étrangement Hampi, en Inde, en conclusion ça va planter. En dévers, beaucoup de Hueco se dessinent, se sont des trous dont les courbes ressemblent aux tafonnes Corse. Ce secteur est aussi réputé pour ces high ball, bloc d'une hauteur démesuré. Le lieu permet aisément le libre bivouac.
Happy et Sad Boulder, sont deux secteurs assez proches. Il s'agit de chaos de blocs situés dans des canyons. Le rocher, granit volcanique, se trouve être moins abrasif et plus varié. Beaucoup d'itinéraires sont dans des caves et donc à l'ombre.
Druid Stone, le caillou est similaire à celui de Buttermilks. Les blocs sont de niveaux variés. Mais ce qui caractérise principalement ce secteur est sa marche d'approche, expression peu fréquente lorsque l'on parle de bloc. Celle-ci dure autour de 45 minutes, en plein désert, avec un dénivelé d'environ 500 mètres, nous vous la conseillons dans les mêmes conditions que nous, c'est à dire à 11h en plein « canniasse ».
Avec la contrainte de la chaleur et afin d'éviter les déplacements, notre organisation fût la suivante : Deux séances si envie dans la journée, la première le matin à Buttermilks, après une agréable nuit sur place, puis la seconde à Happy ou Sad Boulder, après s'être posé à Bishop. Nous aurons été qu'une seule fois à Druid Stone, en fin de séjour pour la culture.

La ville de Bishop est « friendly », c'est à dire extrêmement amicale, les gens sont chaleureux et paisibles et même courtois au volant. De plus, plusieurs infrastructures municipales rendent la vie agréable et bien pratique : Parc, piscine, librairie, internet gratuit...

En ce qui concerne les soirées trois choses permettent de les animer ou bien de les occuper. Tout d'abord, la fatigue cumulée des nombreux essais en bloc, ensuite la culture locale avec un concours de rodéo, et la gentillesse des grimpeurs locaux qui nous invitent à leur soirée « Cromanion » et à leur repas du mercredi.

Dans ce petit coin de la Californie, la vie est bien paisible, un peu moins pour la peau des doigts, mais Bishop aura réussi à chasser quelques idées reçues. Il est certain que les ricains adorent les Pick-up, le rodéo, les burgers, et les chapeaux de Cow-boys, mais derrière cette apparence plutôt « bof » qui les rendent malgré tout bien sympathiques, ils sont adorables, toujours aux petits soins. Un plaisir.

Vive l'Amérique.


Hervé